4 oct. 2013
2 oct. 2013
Songeuse
Elle dort. Et rêve qu'elle délire sous les coups de langue d'un homme. Qu'elle mouille les draps sans cesser de gémir.
Il travaille cette nuit. Loin de ce charmant tableau, le sourire aux lèvres, avec la douce pensée de la pipe du matin.
Son propre cri l'aura réveillée. Elle fixe, étourdie, la tête brune happer son clitoris avant de retourner aller et venir contre ses lèvres. Le haut de ses cuisses est humide maintenant, de salive et de cyprine.
D'un mouvement, elle se redresse et attrape cette chose turgescente qui ne demande qu'à exploser. Chacun branle l'autre avec cette force que seul peut procurer le désir sexuel. Il la repousse brusquement sans cesser de fouiller son sexe. Un son rauque monte en elle et s'échappe sur les draps maculés. Juste avant qu'il ne décharge sur son ventre pâle.
Il dort. La main de la jeune femme sur sa bite, rassasié.
21 janv. 2013
Le soir de la Saint Sylvestre, elle est sortie, accompagnée, sur le petit parking d'en face. Personne n'avait fait attention à leur départ. Ni les rieurs ni les danseurs. Elle a baissé la braguette d'un mec pas tout à fait à l'aise. La chaleur de ses doigts a eu raison du froid. Il est rentré rassasié, conforté dans l'idée qu'elle était bien la toute jeune femme de sa vie.
Je vous souhaite une année grisante...
6 déc. 2012
Les pavés de Paris ont quelque chose de sexuel #5
« Vous êtes prête ? Je vais prendre votre déposition. » Elle a grimpé les marches jusqu’au dernier étage dans un état de semi-conscience. Au 36, quai des Orfèvres, il existe des cocons sous les toits pour ceux qui ne sont pas vraiment coupables et ont un joli minois. Violette est encore sous héroïne et a du mal à se concentrer. Une terrible fatigue, une envie de vomir. Romain avait bientôt remplacé la cocaïne par cette drogue des pauvres. Elle le sait maintenant. Fini les soirées à la poudre blanche qui lui manquait terriblement. Ils ne fréquentaient plus que des clochards édentés, accros à une substance qui la rendait malade. « À qui appartenaient ces verres ? » Elle doit maintenant reconnaître chaque élément de la scène du drame et se plie au jeu. Orphée s’est retourné et Romain n’est plus.
http://conspiratrice.blogspot.fr/2009/02/parce-quorphee-sest-retourne.html
Les pavés de Paris ont quelque chose de sexuel #4
Le flic a remis le gyrophare pour passer un feu et Violette ouvre les yeux. C’est fou comme l’on peut résumer des mois de sa vie en une ou deux phrases et que des petits détails en rapport à un événement peuvent nous poursuivre tout au long de notre existence ! À travers la vitre, Violette tente de fixer les pavés de Paris qui défilent. Quand elle est partie au bras du flic, celui-ci a dit à ses parents : « Elle s’en sort ou elle plonge. » Demain sera sinistre. Violette ferme de nouveau les yeux. Les mots défilent, comme préambule macabre à ce Deux ex machina. Avortement. Coma éthylique. Médicaments. Sexe. Drogue.
Elle avait fait de ce café son Q.G. Fini les magouilles de lycéenne, vive la vie étudiante, les profs, les quadragénaires, les… tous ceux qui lui passeraient sous les doigts. Le gérant était un type qui ressemblait à Bruce Willis et enchaînait les histoires désastreuses. Violette était sa gaieté de la journée. Elle passait des heures entre ces murs, persuadée d’avoir trouvé là sa deuxième maison. Ou sa première. On ne peut pas motiver quelqu’un à changer son monde quand celui-ci semble une évidence. C’était sa vie malgré qu’elle n’eut aucune base pour se permettre d’en décider. Quand tous y furent passés, gérant, chef de rang, client, elle attendit. Et Laurent arriva. L’acmé. Et elle de ne pas le reconnaître. IL lui parla en français, anglais, italien. Elle comprit que sa jupe était sexy, elle plus que sexy, qu’il avait envie de la ramener chez lui. Et c’est à ce moment précis que Romain est entré dans sa vie. « Laisse-la », a-t-il dit. C’était le nouveau serveur et elle n’avait rien tenté pour l’attirer, sa vie à lui était « trop compliquée ». Si elle avait su… Elle aurait agi exactement pareil. Par pure provocation, elle se laissa raccompagner par Laurent jusqu’au métro avec une vague promesse d’un jour, peut-être. Puis elle fila retrouver Romain, fière et disponible pour leur premier rencart. Son compte en banque dégringola et suffoqua, elle manquait cruellement de sommeil et ne s’alimentait pas assez. Mais tout était tellement grisant. De jour en jour plus provocante, inaccessible au bras de celui qu’elle portait aux nues. Elle avait retrouvé Laurent et toute une bande et ils sortaient, flirtaient, buvaient, sniffaient sans qu’elle ne se demande jamais de quoi ce cauchemar pouvait se nourrir. Elle n’allait plus en cours, n’allait plus chez ses parents, et tout continuait pourtant à se dérouler comme par magie.
Les pavés de Paris ont quelque chose de sexuel #3
Au petit bonheur survinrent les grands désespoirs. Personne ne voulait de Violette que son gros nounours et sa famille qu’on rejette à cet âge. Alors Violette s’est vengée. Des garçons qui ne lui accordaient aucune attention, de ses parents très compréhensifs, de sa vie fade d’enfant gâtée. Elle a gravit les échelons de l’interdiction. Le chef scout. Son ami. Le prof d’histoire. Ses amis. Les amis en général. L’âge, l’autorité, l’inaccessibilité. Violette les mettait tous dans son lit et, à la majorité, avait assouvi tous les fantasmes qui frappaient à sa porte. La première fois qu’elle a fait l’amour c’est la première fois qu’elle a embrassé un garçon. 16 ans et 25 ans. Novices tous les deux. L’expérience s’est forgée. Pendant des mois, ils n’ont fait que ça. Martin lui a sculpté l’intérieur du corps, pour qu’elle s’emboîte à la perfection sur sa queue. Après leur séparation, ils se sont revus. Et même s’il n’avait rien dans la tête, leurs corps, eux, se reconnaissaient immédiatement, et se parlaient pendant des heures… Encore aujourd’hui elle trouve cela magique. Quelqu’un dans ce monde, quoi qu’il soit devenu, l’a marquée au fer rouge et détient l’essence de son plaisir. À seize ans, elle ne comprenait pas que les gens ne passent pas leur temps à faire l’amour. C’est si bon. Et puis, elle a compris. L’amour s’entretient et doit vivre de péripéties pour exister toujours. Ce n’est pas qu’un simple collier de perles où les parties de jambes en l’air s’enchaînent.
Elle était dingue d’un de ses amis. Marié, supérieur, mauvais garçon, tout pour l’exciter. C’est la seule fois qu’on l’a trompée : il lui a dit, à travers la fumée de son herbe, qu’elle était trop déséquilibrée. Soit. De quoi attiser le feu de la folie et la remettre en chasse.
Ensuite ce fut le prof. Et quand il fut séduit, Violette se lassa. C’était sans compter l’entourage de trentenaires qui se pressa à ses pieds. Elle trompa, mais baisa.
Les pavés de Paris ont quelque chose de sexuel #2
La première fois qu’elle l’a vu, c’était sur les bancs de l’école. Roux, des tâches de rousseur, le teint déjà plus pâle que les autres. Comme elle finalement. Elle blonde.
Les petits mots sont apparus. Un subrepticement glissé dans la trousse et, à la fin de l’année, la trousse déborda. De cœurs, de Je t’aime, de « Tu as compris les divisions ? », une tonne de petits mots doux enfermés plus tard dans une boîte coquillage qu’elle n’a pas gardée. Ils étaient au CM1, au CM2 peut-être. À sa première boum, elle n’a dansé qu’avec lui. Elle a même dit « non » à un autre garçon. C’est sûrement la première et la dernière fois qu’elle a employé ce mot avec les hommes. Le prétendant a pleuré et s’est enfui. Il n’y avait rien de plus beau, de plus magique, que cette histoire naissante. Un garçon parfait, une jeune ingénue, des regards qui embrasaient le cœur, ils n’avaient besoin de rien d’autre. Plus tard, elle s’est impatientée. Les regards, le cinéma, les mots, elle voulait plus et sans attendre et c’était à lui d’agir, lui le garçon. Mais à douze ans on est tétanisé et on ne connaît rien aux choses de l’amour. Ce fut d’une simplicité déconcertante, trop pour elle. Elle a jeté la boite coquillage donc. Ses regards à lui n’ont pas cessé. À seize ans, la mort lui a repris sa si jolie vie. Et c’est sans regrets mais le cœur qui se serre qu’elle passe maintenant devant le cimetière. Quand Léon est parti, sa peau était plus pâle que le premier jour de la première rentrée des classes et ses beaux cheveux roux s’en étaient allés. Pourtant, c’est toujours l’enfant de dix ans qui vient lui rendre visite la nuit, un ange aux doux conseils et au sourire inaltérable.
Les pavés de Paris ont quelque chose de sexuel
Assise sur le muret de briques, le dos dans les fleurs, elle scrute les pavés sans les voir. Au loin, le son d’une sirène se fait entendre. Il se fait assourdissant aux feux, et puis se tait. Ce n’est pas pour elle. Ou plutôt pour lui. Les pavés sont gris, imparfaits. Et puis deviennent flous, opacifiés par un rideau de larmes qui ne franchit pas la barrière de ses yeux. Enfin la voiture bicolore remonte la rue, gyrophare tourbillonnant. Et deux bottes noires en cuir apparaissent à sa vision brouillée.
- Vous êtes Violette ? Violette Serin ?
Qui d’autre…
- J’ai besoin de vous poser deux trois questions. Enfin plusieurs vous vous en doutez. Vous me suivez ?
Violette se lève, lentement, déterminée à affronter la réalité plutôt que ces pavés. En fait elle n’a pas le choix et elle le sait. Elle suit l’homme en uniforme, reprend l’ascenseur, se glisse dans le couloir. Devant la porte d’entrée, le flic lui tend un papier. Un carton avec les numéros d’urgence du 15eme arrondissement où il est griffonné : « Si un jour tu me quittais, je serais tellement malheureuse que tu ne pourrais pas être heureux. »
- C’est vous qui avez écrit ça ?
- Oui, c’est une réplique de film. Vous cherchez à savoir si je l’ai tué ?
Elle avait lancé cela sur un ton de défi, les yeux plantés dans ceux de l’agent.
- J’en ai vu des filles comme vous, ne cherchez pas à jouer les malignes avec moi. Si vous ne coopérez pas, vous plongerez.
Les larmes coulent cette fois, elle pleure en silence et s’écroule accroupie, dos au mur. À vingt ans, elle a le sentiment d’avoir vécu une vie. Et c’est trop pour l’enfant qu’elle est encore. Au bout du couloir, ses parents déboulent, affolés. Constat. Interrogatoire. Regards meurtris. Mise à l’écart.
- Vous allez me raconter ce qui s’est passé, n’est-ce pas ?
Un homme jovial s’est assis devant elle. La quarantaine, un début de calvitie, il a le sourire du père Noël et lui fait croire par un simple regard qu’il la sauvera de ce bourbier. Et elle y croit. Encore ce sentiment de ne pas avoir le choix.
Il l’emmène. Le gyrophare s’est tu. Toute une équipe est restée sur les lieux, bleue, blanche et rouge. Police, SAMU, pompiers. Il est entre de bonnes mains maintenant.
Appuyée contre la vitre du véhicule qui l’emmène au 36, quai des orfèvres, elle ferme les yeux…
26 janv. 2012
Amour, Sexe et Surprises !
17 févr. 2011
Barcelonita

Sur un des toits de Barcelone, un après-midi comme on n'en fait pas ici. Un autre toit en face et un couple qui fait l'amour sur un hamac. Un couple ou deux personnes rencontrées, je ne sais pas. Je les ai regardés, ça a duré longtemps, c'était jeune, c'était beau, c'était espiègle, cette rencontre fortuite. La culotte noire a volé, le mec a plongé dans la chatte de la même couleur. Des fous rires même pas étouffés sur les toits de Barcelone, au deuxième étage méconnu de la ville, sans murs ni parpaings.
27 janv. 2011
Talia & Julien

Talia a eu une bourse pour venir étudier en France. Mais Talia est gourmande et cela ne lui suffit pas. Elle lèche les vitrines des Galeries Lafayette, rougit et baisse les yeux lorsqu'elle retourne une étiquette. Alors Talia décide de recevoir des hommes, prend goût au luxe, prend goût aux turlutes. Du matin au soir, du soir au matin plus encore, Talia se dénude, offre ses seins et crâne en Aubade.
Pour une fois, Talia ne s'est pas fait payer. Le beau Julien a profité du sexe de la belle grâcieusement, à coups de léchouilles et de baisers, tendrement.
Elle ira le voir une fois à l'hôpital avant de succomber à son tour.
La syphilis est contagieuse et ne l'a pas rendue heureuse.
Anna fût sa seule amie. Elle passe récupérer les affaires de la morte. Les sous-vêtements griffés brillent dans la fin de journée. Elle repère sans mal le carnet de gribouillis sur la table de nuit. Et l'amie referme la porte de la chambre étudiante, au chaud contre son sein, les contacts de tous les dilettantes.
31 déc. 2010
A tous...
17 déc. 2010
Charlotte

Ce n'est pas courant ce prénom pour une vieille dame. Un soupçon de charme qu'il lui reste. Son visage se fane maintenant, ses mains portent des taches de vieillesse, les veines ressortent, toujours plus foncées. Charlotte a sa vie derrière elle, en a oublié une bonne partie. Elle a bien réussi aussi. Mathilde, sa petite fille occupe son T3 parisien, elle-même est à la capitale, dans un espace un peu plus grand. Charlotte pleure tous les soirs en ce moment, sur le mystère de la vie et la peur de sa mort. Elle a le goût amer de la défaite, la rage de l'impuissance. Elle sait qu'elle n'y peut plus rien, le temps file sur elle, capture chaque seconde l'infime fraîcheur qu'elle conserve. Quatre cancers, une maladie, son entourage en est là. Alors Charlotte a provoqué son destin et rencontré Kevin. Le jeune homme a le costume complet du dandy de la fin du XVIIIème siècle. Et il la fait rire. Quelques caresses aussi parfois mais c'est tout. Charlotte sait qu'il serait écoeuré. C'est une vieille dame après tout. Elle se contente de sa douceur. Elle le voit de plus en plus souvent, refuse les visites de ses amies fanées comme elle. Ils dorment ensemble.
"- Charlotte ? J'ai une copine maintenant, et trouvé un petit boulot.
- ...
- Charlotte, je vous aime bien vous savez, mais je dois penser à ma vie aussi. Trouvez peut-être un homme de votre âge.
- Va mon petit, n'oublie pas ta veste et tes gants, et mon anniversaire aussi, si je suis toujours d'ici."
16 déc. 2010
Samuel

Samuel a vingt ans, tout juste. Il regarde les filles de loin, quand il sort de la fac parisienne. Elles ne sont jamais sur son trottoir. Samuel n'a jamais touché une fille. Il rêve souvent de la blonde et de ses boucles. Samuel sait se donner du plaisir tout seul. Ca oui, il l'a appris il y a bien longtemps maintenant, par nécessité. Pourtant, il en a une belle de queue, enfin croit-il. Plus grande, plus fière que celle de Ben, son pote de hand. La timidité de Samuel l'enferme dans une connaissance aiguë de son propre corps. Il sait que le haut de ses cuisses est l'endroit le plus sensible, que l'effleurement vaut parfois mieux que la pression. Samuel devient bourru, secrètement fou de toutes ces jolies filles. Ce soir, c'est son anniversaire. Ben doit le rejoindre au bar. A son bras, deux nanas, un peu plus dénudées que ses étudiantes à lui. Une blonde aux cheveux bouclés s'avance et fourre sa langue dans la bouche de Samuel. Il découvre l'insistance des lèvres, la douceur de l'haleine. Dans les toilettes de l'établissement, la scène continue, se déroule. Un pied sur la cuvette, la fille remonte le tissu, dévoile son sexe. Pour ne pas faire l'intrigué et se donner de la contenance, Samuel brandit sa queue. A peine enfournée, la gamine ricane, la jouissance est passée. Samuel est livide quand il remonte au bar. Ben et l'autre sont partis. La tête dans son verre, il rumine l'humiliation de l'instant. La femme n'est qu'une chimère. La masturbation a du bon.
7 déc. 2010
Manie

Manie est une petite fille. A la ferme avec ses parents. Cadre idyllique, elle peut courir dans les champs. Manie a un voisin, un peu toqué, souvent perché sur le cerisier.
C'est l'été. Manie gambade un peu partout, sans faire gaffe à sa jupe à froufrous. Le p'tit gars l'a repéré et, lui, en est resté bouche bée.
Manie est prostrée. Sur sa botte de paille, la petite fille est en larmes. De grosses perles qui coulent sans fin sur un visage muet de chagrin.
A ses pieds, une minuscule flaque, une éjaculation précoce.
A ses bras, de larges auréoles bleutées, la violence d'un gosse.
14 oct. 2010
6 oct. 2010
Quant au bonobo...

"Les relations sexuelles, feintes ou réelles, sont plus souvent utilisées comme mode de résolution des conflits". Et la paix dans le monde régnera ! Dimanche matin, un café, un homme, et cet article de presse ou "Pourquoi les chefs d'états n'y ont pas pensé plus tôt ?". La dispute de la veille a laissé une odeur de renouveau. La réconciliation à force de jeux de langues a rendu les idées plus claires. Elle étire son corps contre le dossier et regarde le jour déjà bien levé. Il fait froid sur le carrelage de la cuisine. Elle ne s'attarde pas et grimpe, le cul tout chaud, sur le billot. Elle accentue les pressions de son sexe contre le bois et, d'un coup, devient humide. L'article dit vrai, ils sont si proches de nous, nous ne sommes pas plus avancés qu'eux : comme s'il avait flairé le rut, l'homme émerge dans l'encadré de la porte, lance dressée, prêt à chasser.
3 sept. 2010
Baby I'm fool

Un rêve de petite fille... C'est à moi, dans quelques secondes, de lire mes voeux. Je regarde mon homme. Je sais que ses orteils se trémoussent dans la chaussure, je sais qu'il me faudra danser tout à l'heure. Au stress de monter d'un cran. J'ai voulu qu'en ce jour, nous nous disions notre amour, devant tous ces gens, simplement. Mais là mon tract est énorme, l'acmé de ce que j'ai vécu cette dernière année.
A ma femme...à la seule...ta fragilité, ton mauvais caractère, et ton amour parfois incontrôlé...je t'aime.
Le photographe gesticule, les roses au pied des bancs doucement frissonnent. Et les cloches résonnent.
A mon homme, mon héros.
2 août 2010
L’ascenseur

Une maison à deux étages. Une vie sur trois niveaux.
Au rez-de-chaussée, un homme fait semblant de dormir, inconfortablement installé le cul entre deux chaises. Il ronfle sans rêver. Il ronfle en pensant consciencieusement. La nuit est là mais ne l’emporte pas. Le sillon du réverbère trace son chemin jusqu’à lui sans sembler le déranger.
Au premier, une jeune femme rumine une année de gâchis. Etalée dans le lit conjugal, elle possède l’espace pour signifier qu’elle n’a que faire de tout ce cinéma. C’est faux évidemment. Elle ouvre régulièrement un œil et compte les néons des voitures qui passent au-dehors. Elle soupire plus souvent encore, fâchée d’entendre le rez-de-chaussée si animé.
Au dernier, la dernière. Un petit bout pas plus grand qu’une cuisse qu’aiment les deux autres niveaux. Elle seule dort en cette heure avancée. Elle seule sera victime de l’indifférence qui règne.
Les deux adultes ont alors un esprit gamin. Chacun passe subitement du premier au deuxième, du deuxième au premier, parfois au rez-de-chaussée. C’est nul.
Hier, ils ont fait l’amour trois fois. Ce soir, aucune. Ils n’ont pas fini de gueuler leur différence et ceci empêche le sommeil de s’installer. A 1h30, enfin, elle écrit sa vie, lui respire plus bruyamment qu’au début. La nuit les emportera tard, épuisés, torturés.
Et le combat silencieux reprendra demain dans les larmes et les cris.
16 nov. 2009
L'amour alcoolisé

Lola enfonce sa tête dans l'oreiller. Jusqu'à s'étouffer. Bientôt, elle ne pourra plus se coucher sur le ventre. Ô Lola inventera des berceuses lalala. Un petit être en "o" ou en "a", comme Lola. Elle est donc féminine la grande gamine, et, face au cul de bouteille, tire grise mine. Il lui faudra ouvrir les rideaux, emprunter un berceau. Louer, acheter, chiper ? Un gamin ce n'est pas rien, surtout pour la grande gamine. "Bouuuh" diraient une mère et une grand-mère. Qui était-ce déjà ? Elle aurait voulu le présenter Lola, ce prince charmant chimérique mais elle a beau froncer les sourcils, ne voit que Gin - encore et toujours - à sa mémoire et à ses yeux. Lola laisse la porte entrouverte, elle est partie boire un chocolat, rattrapée par une vie qui exclut à présent le n'importe quoi.

Lola est maman. Et elle crâne avec son mini "a". Le berceau on lui a donné, avec un prince charmant à la clef. Elle se démène Lola et laisse la fenêtre à présent toujours ouverte. Un pâle soleil qui l'aide, à trouver des mélodies et à s'accrocher au nouveau sens de sa vie.
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